Diagnostic participatif 2015

Ce diagnostic émerge d'une volonté locale à régionale d'identifier et de promouvoir des solutions aux signes de mal-être au sein du bassin de vie de Camopi/Vila Basil/Trois Sauts. Ce mal-être semble notamment s'exprimer par un taux de suicide et tentatives de suicide supérieur à la moyenne nationale, ou encore par une forte consommation d'alcool. Ainsi, ce diagnostic a pour objectif de tenter d'élucider les déterminants du mal-être et du bien-être au sein de ce bassin de vie, afin de développer des actions concrètes pour la promotion du bien-être. Toutefois, il est important de mentionner les points suivants :

  • La notion de santé et de bien-être chez de nombreux peuples autochtones dépasse largement la notion d'absence de mal physique ou mental, pour inclure par exemple les aspects de vie communautaire ou de santé de l'environnement. Il est donc primordial de développer une approche holistique de la question de santé et de bien-être, afin d'identifier les solutions adaptées, et ne pas imposer une vision du problème en question.
  • Les habitants se doivent d'être des acteurs à part entière du diagnostic : il est avéré que le bien-être de nombreuses communautés autochtones passe par leur capacité d'action et d'auto-détermination, et ceci passe d'abord par leur implication totale dans le projet, par-delà la simple consultation ; le succès et la durabilité de toute initiative tient à l'engagement et l'appropriation locale du projet. 

Ce diagnostic s’est réalisé aux mois de février, mars et avril 2015. Cette analyse permettra aussi de faire ressortir les besoins prioritaires du territoire pour éventuellement positionner un projet qui contribuerait à répondre aux attentes des acteurs.


Les personnes impliquées dans le diagnostic

    1. Les habitants : les jeunes (collégiens, lycéens, jeunes adultes), les femmes adultes (plus de 30 ans) et les anciens (dont chefs coutumiers) ;
    2. Les associations locales, personnes ressources ou groupes constitués ;
    3. Les institutions : la Préfecture, l'Agence Régionale de Santé, la mairie de Camopi, la Région, le Conseil Général, le Parc Amazonien de Guyane, le Rectorat
    4. Les partenaires : le CHAR dont les Centres Délocalisés de Soins et de Prévention et l’Équipe Mobile de Psychiatrie, le Collège de Camopi.

 

 Les actions entreprises :

De nombreuses méthodes peuvent être utilisées pour engager les différents groupes d'habitants dans le diagnostic, toutefois il est important d'employer des méthodes qui facilitent l'engagement villageois et une appropriation du projet. Les méthodes visuelle participatives, telles que la photographie participative, sont en ce sens particulièrement bien adaptées : 

  1. ces méthodes permettent aux participants d’être en contrôle de leur message et de se l’approprier ; 
  2. des résultats tangibles s'obtiennent rapidement ; 
  3. ces méthodes permettent de minimiser le recours à la communication écrite, quelque fois difficile ; 
  4. elles renforcent les capacités locales dans l'expression de messages et dans l'utilisation d'un outil clé pour la communication. Toutefois, si cette méthode est tout à fait adaptée aux jeunes hommes et jeunes femmes, d’autres méthodes collectives et participatives ont été employées avec les autres groupes d’habitants, ainsi qu’avec les professionnels locaux et régionaux participant au diagnostic.

Enfin, travailler avec des médiateurs locaux est primordial pour la traduction et l'interprétation des activités, pour la mise en confiance des participants et pour les suggestions d'adaptation des activités. Une équipe locale de médiateurs a été formée afin de nous accompagner dans ce travail.

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